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Maison connectée sans cloud : retour d'expérience

En résumé

Depuis quelques semaines, ma maison se construit sous Home Assistant, hébergé sur mon propre serveur : volets et chauffage Somfy repris en local, caméras analysées à la maison, 8 détecteurs d'ouverture Zigbee et suivi du Linky. 0 € d'abonnement, aucune donnée dans le cloud — et une architecture déjà prête pour Matter.

Pourquoi j'ai banni le cloud de ma maison

La domotique « grand public » a un défaut de conception : presque tout passe par les serveurs du fabricant. Vous appuyez sur un bouton dans votre salon, l'ordre part sur un serveur — souvent hors d'Europe — puis revient fermer votre volet. Conséquences très concrètes : si le service ferme ou passe en abonnement payant, vos équipements deviennent des presse-papiers ; si Internet tombe, votre maison ne répond plus ; et le fabricant sait à quelle heure vous vous levez, quand vous partez, quand la maison est vide.

Je ne parle pas de théorie. Depuis quelques semaines, ma maison se construit sous Home Assistant — Home Assistant OS dans une machine virtuelle sur mon serveur, le même qui héberge déjà mon cloud personnel. Pas de compte obligatoire chez un fabricant, pas de serveur tiers dans la boucle, pas d'abonnement. C'est un chantier en cours, et c'est justement ce qui rend ce retour d'expérience utile : voici ce que j'ai appris en posant les fondations.

Une maison connectée ne devrait pas avoir besoin de demander la permission à un serveur américain pour fermer vos volets.

Étape 1 : reprendre le contrôle de l'existant

Avant d'acheter quoi que ce soit, j'ai commencé par ce qui était déjà installé chez moi. Votre maison est probablement déjà « connectée » — le problème, c'est que chaque équipement vit enfermé dans son application et son cloud.

Mes volets roulants et mon chauffage passent par une box TaHoma de Somfy. Plutôt que de la remplacer, je l'ai basculée en API locale : Home Assistant lui parle désormais en direct, sur mon réseau. Concrètement, les volets se ferment le soir même si Internet est coupé, et je ne dépends plus de l'application — ni des serveurs — du fabricant.

Mes caméras Reolink, elles, sont intégrées via Frigate, un NVR open-source qui tourne en add-on directement dans la centrale : les flux sont analysés à la maison, aucune image ne part dans un cloud. Des images de l'intérieur d'un domicile sur le serveur d'un fabricant, c'était non négociable pour moi.

L'architecture posée pour la suite : Zigbee et Matter

Pour tout ce qui n'existait pas encore, j'ai posé une base radio pérenne : un coordinateur réseau multi-radio (SMLIGHT SLZB-MR5U), relié en Ethernet — alimenté en PoE ou en micro-USB — et placé là où la couverture radio est la meilleure, indépendamment de la centrale. Il gère le réseau Zigbee via Zigbee2MQTT et fait en même temps office de border router Thread — la route est donc déjà ouverte pour Matter, sans matériel supplémentaire.

Côté Zigbee, les premiers équipements sont en place : 8 détecteurs d'ouverture (Sonoff et Frient, panachés selon les emplacements) et un module Lixee ZLinky_TIC branché sur le compteur Linky, qui remonte la consommation électrique en temps réel dans Home Assistant.

Le reste suit la même logique locale : l'assistant vocal (Assist, la voix de Home Assistant) fonctionne depuis l'application mobile sans cloud, et l'accès à distance passe par un VPN auto-hébergé — pas par le serveur d'un tiers. Somfy, Reolink, Sonoff, Frient, Lixee : cinq marques qui cohabitent sur une même centrale, c'est tout l'intérêt d'un écosystème ouvert.

Les prochaines étapes

Le chantier continue, dans l'ordre : d'abord d'autres capteurs Zigbee (température, mouvement) pour affiner les scénarios, puis les premiers équipements Matter over Thread — ampoules, prises connectées et capteurs — qui viendront se poser sur le border router déjà en place. L'éclairage complet et les scénarios avancés arriveront à ce moment-là, sans rien remplacer de ce qui est déjà installé.

Ce que j'ai déjà appris

Et l'alarme, dans tout ça ?

C'est la question qui revient le plus souvent. Chez moi, la bascule est déjà faite : j'ai remplacé mon alarme Verisure, avec son abonnement de télésurveillance, par des détecteurs d'ouverture, des caméras analysées en local et le module Alarmo — une alarme qui fonctionne sans abonnement ni télésurveillance. Comment c'est monté, ce que ça vaut vraiment face à une offre commerciale, et surtout ce que la loi encadre : j'y consacre le prochain article.

Côté Phénix Tech, une offre dédiée à l'alarme est à l'étude — elle n'est pas encore disponible, et elle exclura en tout état de cause la télésurveillance. Le service maison connectée actuel se concentre sur le confort : volets, chauffage, énergie. Il ne comprend aucune prestation de sécurité, d'alarme ou de surveillance à distance — ce que je décris ici relève de mon installation personnelle, pas d'une offre.

Questions fréquentes

Home Assistant fonctionne-t-il sans Internet ?

Oui, c'est son principal intérêt. La centrale est chez vous et communique en direct avec vos équipements. Chez moi, la box TaHoma est passée en API locale : les volets et le chauffage répondent même quand Internet est coupé. Seul l'accès à distance, depuis l'extérieur du domicile, nécessite une connexion — le pilotage depuis la maison reste toujours disponible.

Faut-il payer un abonnement pour une maison connectée sans cloud ?

Non. Home Assistant est un logiciel libre : aucune licence, aucun frais mensuel. Une fois la centrale et les modules acquis, l'installation ne coûte plus rien en fonctionnement. C'est l'inverse des écosystèmes propriétaires dont certaines fonctions passent derrière un abonnement. Le seul investissement est le matériel de départ — et il vous appartient définitivement.

Peut-on intégrer ses équipements existants (Somfy, caméras…) ?

Très souvent, oui. Home Assistant compte plus de 2 000 intégrations : box Somfy TaHoma, caméras IP, thermostats, compteur Linky… Chez moi, les volets, le chauffage et les caméras déjà en place ont été repris en local sans rien racheter. C'est même le meilleur point de départ : on fédère l'existant avant d'investir dans de nouveaux équipements.

Zigbee ou Matter : faut-il choisir ?

Non, les deux cohabitent très bien sur une même centrale. Zigbee est mature, économique et offre un choix immense de capteurs ; Matter est plus récent et promet une compatibilité entre écosystèmes. Chez moi, un seul coordinateur multi-radio gère le réseau Zigbee et sert de border router Thread pour Matter. On peut donc démarrer en Zigbee aujourd'hui et adopter Matter progressivement, sans rien remplacer.

Envie d'une maison connectée qui n'appartient qu'à vous ?

C'est exactement ce que j'installe chez les particuliers : une centrale Home Assistant locale, du matériel ouvert, zéro abonnement — en commençant, comme chez moi, par reprendre le contrôle de l'existant.

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À lire aussi : Le vrai coût de l'automatisation : cloud ou self-hosted ? — la même logique zéro abonnement, chiffrée cette fois pour l'automatisation d'entreprise.

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